GRANDE INTERVIEW : Banlieuz’art pose son cachet sur la zik urbaine made in Guinée

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Si on doit rendre à César ce qui appartient à César, alors rendons à Banlieuz’art la splendeur de son art.

Ce groupe composé de deux membres, Konko Malela et King Salomon, s’est incontestablement imposé dans la zik urbaine guinéenne en number-one.

Ils ont débarqué dans une galaxy ou de nombreuses personnes s’auto proclamaient roi, pour prendre le contrôle et fixer de nouvelle règles qui ont mis la barre trop haut pour de nombreux artistes.

Certains même disaient avoir des albums prêt, mais ont préféré ne plus sortir, car ils avaient remarqué que le public guinéen amoureux de la music avait ouvert les yeux sur un autre niveau dicté par banlieuz’art.

Les sociétaires du groupe Abdoul Aziz Bangoura (Konko Malela) et Souleymane Sow (King Salomon) sont des jeunes pétris de talent qui ont gouté à la profondeur du Ghetto à la recherche d’une identité bien trouvée.

Ils sont aussi bien différents qu’extrêmement complémentaire. Le premier affiche un air sérieux avec une douceur folle et le second, un air de Bad boy avec une folie douce.

La voix du premier caresse les oreilles et le micro et apaise l’âme d’un confort troublant pendant que celle du second rappel à l’ordre, agresse sainement le micro et invite à se réveiller et danser. On pourrait bien les appeler « Le bon et la brute », mais on préfère tout simplement dire BANLIEUZART mettant en avant l’art de la banlieue dans toute sa beauté.

Ce groupe est adulé et aimé à travers le monde. Porté haut par un  manager qui inspire confiance et brave tous les défis en la personne d’Abdou Mbaye.

Après avoir surpris la Guinée avec l’Album Koun Faya Koun en 2010 et confirmé avec l’album Koun Faya Koun, le voyage en 2012, Banlieuzart signe un troisième album intitulé « Koun Faya Koun KARLANKE LA FIN DU VOYAGE » avec deux clips déjà livrés à savoir des morceaux MIKHI KOBI et FEWDHARË

Cet album qui sortira officiellement par un concert dédicace le 11 Mars 2018 au stade du 28 septembre de Conakry, est l’album de la maturité et de la consécration.

Les sociétaires du groupe BANLIEUZART ont reçu votre quotidien Guineemonde.com pour une interview chaude de couleur et de news.

Guineemonde : Bonjour Banlieuz’art

Konko Malela et King Salomon : Bonjour Guineemonde

Guineemonde : Je commence par ce qui a récemment défrayé la chronique à Conakry, vos relations à vous deux sont-ils sans langue de bois au beau fixe aujourd’hui ?

Konko Malela : Mais parfaitement, comme vous le constatez. Et comme vous le savez aussi, la langue et la dent sont tout le temps entrain de se donner des coups mais cela n’empêche leur bonne relation. Donc voilà…chacun à des problèmes dans ses relations et nous aussi c’est normal. Mais après on se met au-dessus de tout ça et on est des grands garçons. On sait ce qu’on veut et ou on veut aller, du coup, c’est ce qui prime. Donc on reste positif et concentré sur l’album.

King Salomon : Ben…C’est exactement ce qu’il a dit hein. Nul n’est parfait dans la vie et donc les choses arrivent et on les gère. Le plus important c’est vraiment de gérer les moments de difficulté. Nous on a dépassé ce niveau et on est en phase évolutive.

Guineemonde : Mais, King Salomon, tu es vu comme le BAD BOY du groupe. Aujourd’hui que votre problème est réglé, le Bad-boy est-il toujours en toi ou il s’en est allé pour de bon ?

King Salomon : Au fait, le Bad boy, il n’est pas en moi. Le Bad boy s’est quelqu’un que les gens ont fabulé et créer dans leurs têtes. Moi personnellement celui que je suis vraiment, c’est ceux qui me connaissent et me côtoient qui le savent. A des moments si Bad-boy il y a, c’est que ce sont les gens qui l’ont créé comme je l’ai dit. Mais tout compte fais je ne rejetterais par entièrement cette assimilation faite de moi au Bad-boy. Parce que nous ne sommes passés par la rue. Cela ne veut pas dire que je suis un méchant armé ou un jeune qui nie toute existence de positivité partout. Il y’a peut-être une part de Bad-boy en moi comme en chacun de nous d’ailleurs. Mais je vous promets que c’est le vrai moi qui prendra le dessus.

Guineemonde : Justement Banlieuzart, on se pose la question si le tube MIKHI KOBI dont le clip cartonne actuellement a été composé après votre période trouble ou s’il était sur l’album bien avant.

King Salomon : Vous savez, Banlieuzart ne fait jamais un morceau au hasard ou dans la précipitation. On prend le temps de faire un bon travail et c’est pour ça que les gens adorent ce qu’on fait. Ce morceau a peut-être été une prédication par ce qu’il était déjà là quand on a eu ces petits soucis.

Konko Malela enchaine… : Comme il l’a si bien dit mon frangin,  tout le monde ici-bas a un problème avec quelqu’un d’autre. Et du coup ce morceau MIKHI KOBI vient aider ces personnes-là à être forte et à ne jamais abandonner une amitié forte et sincère. C’est pareil pour nous aussi. Peut-être que ça nous aide aussi à tenir face à certains problèmes. Mais de toute façon je vous le garantis, ce morceau a été composé bien avant ce que vous appelez notre soucis.

Guineemonde : Parlez-nous un peu de ce nouveau bébé (Album). Qu’est-ce qu’on y trouve comme music, combien de son, les Langues utilisées…Dites-nous tout

Konko Malela : Ben…Y a une quinzain de moceau dans l’album Koun Faya Koun Karlanké la fin du voyage que vous allez bientôt déguster. C’est un album fait de plusieurs couleurs. Parce qu’on a eu la chance de beaucoup voyager entre temps. On a rencontré d’autres ingénieur, d’autre musiciens qui ont forcément apporté un plus. Si je peux même me permettre, je veux dire que cet album est le meilleur de nos albums qu’on a sorti jusque-là. Parce qu’on a pris le temps qu’il fallait pour travailler dessus.

King Salomon enchaine… : Cet album d’ailleurs comme vous le savez s’appelle Karlanké, un terme soussou qui veut dire fertilité, productivité et même force aussi. C’est la fin de l’un des chapitres de la page de l’histoire qu’on a ouverte sur la zik urbaine guinéenne. Dans cet album, on donne tout ce qu’on a dans les trips.

Guineemonde : Je relance une question qui traine sur les réseaux sociaux ici. Beaucoup de personnes estiment que contrairement à votre premier album, vous chantez de moins en moins en Anglais et que cela vous bloque dans votre avancée sur la scène internationale. Vous en dites quoi ?

King Salomon : Alors là c’est l’ironie du sort. Parce que lorsqu’on sort de la Guinée et qu’on rencontre d’autres personnes qui connaissent la music internationale, ils nous disent, faite la music dans votre langue, c’est ce qui passe. Et si on nous dit ici qu’il faut chanter en anglais pour s’imposer à l’international je ne suis pas d’accord. Pour preuve Koffi Olomidé est international, Youssou Ndour aussi, Fally Ipupa non plus alors qu’ils chantent beaucoup plus dans leurs langues. Cela dit donc, je pense que c’est le guinéen qui n’est pas prêt à valoriser sa propre culture sur le plan international.

Konko Malela enchaine… : Le problème n’est pas là c’est vrai. Mais pour répondre à votre question, vous allez rencontrer des morceaux en anglais dans cet album. Il n’y a pas de soucis à ce niveau. Mais après, on en fait pas une priorité en fait. On chante ce qu’on récent et cela en Soussou, Poular, Malinké ou même en Souahili (rire)

Guineemonde : On a remarqué sur le clip de MIKHI KOBI une inscription « URBAN CONNEXION » alors qu’on s’attendait à voir MLP. Qu’est-ce que cela veut dire ?

King Salomon : Bon, en une seule phrase URBAN CONNEXION, c’est la première fille de MEURS LIBRE PROD (rire) MLP c’est la maison mère…

Konko Malela enchaine… : On dit souvent chez nous les Bagas, Tes parents ils vont te laver jusqu’à un niveau et après tu continues à te laver tout seul. Donc URBAN CONNEXION c’est un label, une structure qu’on a créé avec notre manager ABDOU MBAYE et à partir de laquelle on va commencer à s’autoproduire.

Guineemonde : Il n’y a aucun problème avec MLP ?

Konko Malela et King Salomon : Pas du tout. Pas du tout.

Konko Malela enchaine… : Meurs libres prod est détenu par nos frères. Vous vous dites MLP mais nous on préfère dire tout simplement Moussa et Ablaye. Ce sont nos frères et ils ont beaucoup apporté pour la réalisation de ce nouvel opus.

Guineemonde : On vous reproche à vous artistes guinéens de ne pas souvent faire des featurings entre vous sauf sur des projets ou des cas de forces majeur dans le pays. Pourquoi ça ?

King Salomon : Bon je vous réponds tout de suite ce manque de featuring est tout à fait normal vu la situation. Parce qu’un featuring est un projet. Et qui est derrière, qui vient produire ça ? Nous on s’auto produit, Soul bangs il fait de son mieux et c’est le cas pour nous tous. Il n’y a pas de soutien derrière.

Konko Malela enchaine… : Il ne s’agit pas de faire un feat juste pour le faire. Il doit y avoir un suivi après. Il faut des gros budgets pour faire de beaux clips et contracter avec les grandes chaines comme trace et autres…Il faut vraiment un grand suivi et ce n’est pas facile. Mais de toutes les façons on mettra des cerise sur les gâteaux car on a prévu des feat ici et ailleurs. Ça vient

Guineemonde : Maintenant, la question qui fâche dans les rues de la Guinée. On se demande pourquoi Banlieuzart n’a pas explosé sur la scène internationale jusqu’à présent à la hauteur de vos deux (2) talents ?

Konko Malela : Le talent ne suffit plus tout simplement. C’est malheureux mais c’est ça. Parce que si cela ne tenait qu’au talent, Bnalieuzart serait déjà allé très loin. Mais le talent ne suffit plus. On a besoin de soutien, on a besoin de gros investissements, on a besoin de subventions. C’est ce qui fait que le Nigéria nous dépasse aujourd’hui. Parce que dans ce pays-là, ce sont les riches personnes qui investissent sur les artistes à talent.

Ici n Guinée, les opérateurs culturels préfèrent faire venir des artistes à 80 milles, à 100 milles euros tout en étant incapable de donné ces montants à Banlieuzart, Soul Bangs, Instinct Killer et autres pour des réalisations musicales. Et ça, c’est un gros coup de massue sur la tête de la musique guinéenne.

King Salomon enchaine… : Et ça, on n’en parle pas sur les réseaux sociaux. On dit juste les artistes guinéens sont nanani nanana, sinon je vais vous dire un truc, il y aura plus que Banlieuzart ici en Guinée. Il y en a même déjà dans les Ghettos qui ne sont pas détectés d’abord et ça sera pareil si les choses ne changent pas. Les gens préfèrent mettre la tune dans le foot, la politique et autre chose en méprisant la culture et la ZIK. C’est vraiment dommage.

Guineemonde : Le concert dédicace de l’Album Koun Faya Koun Karlanké la fin du voyage prévu le 11 mars 2018 a changé de lieu. C’était le stade de Nongo et c’est maintenant au stade du 28 septembre pourquoi ?

King Salomon : C’est vrai que beaucoup de fan ne sont pas content du changement de lieux. Le stade de Nongo c’était un challenge que les jeunes fans de Banlieuzart auraient voulu relever. Mais malheureusement il y a des travaux en cour au stade de Nongo et cela empêche la tenue du concert sur ce lieu.

Konko Malela enchaine… : Mais que les gens se rassure, la motivation reste la même et Banlieuzart reste Banlieuzart et la date du concert est la même. Le 11 MARS 2018 AU STADE du 28 septembre, qu’il viennent tous voir BLZ plus chaud et plus déterminé que jamais à leur faire vivre un concert inoubliable et une communion sans précédent entre l’artiste et son public, dans la paix, sans violences et sans casses.

Guineemonde : Merci Banlieuzart

Konko Malela et King Salomon : Merci à Guineemonde

De gauche à Droite: Abdou Mbaye, King Salomon et Konko Malela

Interview réalisé par Abdourahmane Barry pour Guineemonde.com

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