Kaporo-rails-Kipé2-Dimesse: un an après, les victimes du déguerpissement commémorent la casse

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Ce vendredi 21 février, les victimes du déguerpissement de Kaporo-Rails, Kipé2 et Dimesse ont commémoré le premier anniversaire de la casse de leurs bâtiments.

À travers une lecture du saint-Coran à la mosquée Saoudite à Kaporo-rails, ces victimes se sont retrouvées pour prier et implorer la grâce et la justice divine. 

«On s’est donné rendez vous ici pour faire un sacrifice pour nous libérer du joug. Donc ce jour est mémorable, c’est comme un jour de deuil pour nous. Ça fait un an depuis qu’on nous a déguerpi à Kaporo-Rails comme des animaux. On nous a déguerpis sans aucun retour. Nous sommes des pauvres déguerpis et nous en pâtissons. C’est Dieu qui est notre recours et nous en remettons en lui » a décalaré El Hadj Alpha Oumar Diallo, président du collectif des victimes du déguerpissement de Kaporo, Kipé 2 et Dimesse de 2019.

Pour Mme Camara Né Touré Makia, ce jour rappelle un triste souvenir pour les victimes. «C’est avec un coeur saignant que je vous parle au nom des femmes de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse. Parce que c’est que nous avons vécu à Kaporo, est inexplicable. On se sent étranger dans notre propre pays. Là où nous sommes, on se sent pas guinéens et surtout à cet anniversaire. Parmi nous y a des veuves qui ont des enfants, et ces enfants sont abandonnés à eux mêmes sans abris. Nous demandons que justice soit rendue» souhaite la porte parole du collectif des femmes victimes du déguerpissement.

Cette cérémonie a été l’occasion pour le porte du collectif d’apporter des éclaircissements sur la procédure judiciaire que le collectif a engagée auprès de la Cour de justice de la CEDEAO.

D’après donc ses explications, le dossier s’est déjà ouvert à Abuja, il se situe désormais au niveau du transport judiciaire.

«Nous attendons le transport judiciaire sur les lieux. L’audience est fixée le 24 mars, à 10 heures, à Abuja. D’ici là, nous espérons que les juges seront là même si le contexte politique du pays n’est pas favorable à de tels déplacements» a expliqué le porte parole du collectif des victimes, Mamadou Samba Sow.

Pour rappel, c’est suite à une décision de l’actuel ministre de la ville et de l’urbanisme Dr Ibrahima Kourouma qu’une opération de déguerpissement a été lancée dans les zones Kaporo-Rails, Kipé et Dimesse au mois de février 2019, dans le cadre de la récupération des domaines de l’État.

La casse a touché 1240 familles dont 1769 bâtiments, 13 écoles affectées, 12 mosquées et deux églises selon les rapport du collectif des victimes..
Et d’après human right watch sur la casse de Kaporo, il y a eu plus de 2500 bâtiments démolis.

Siddy Koundara Diallo pour guineemonde.com

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