Massacres du 4 juillet 1984 : L’Etat guinéen a t-il tourné le dos aux victimes de cette répression?

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Ce jeudi 4 juillet 2019, le collectif des victimes des massacres du 4 juillet ont commémoré l’anniversaire des massacres des présumés puschistes, appelé “coup Diarra Traoré.”

Rappelons d’abord, le 4 juillet 1884, après la prise du pouvoir par le CMRN, la Guinée a connu une tragique période de violences qui a occasionné des nombreux cas de morts dont la majorité des victimes était de l’éthnie “malinké”.

Il s’agit d’une situation dite de ‘’conspiration sociopolitique ourdie contre la communauté malinké dans le but de son extermination’’.

34 ans après ces douloureux évenements, le collectif des victimes a décidé de commémorer ces massacres à travers une conférence de presse, sur le thème ‘’commémoration de l’an 34 du génocide du 4 juillet 1985’’.

Devant la presse ce jeudi, le collectif des victimes à travers une déclaration, s’est montré profondément touché par les actes “criminels” du Comité militaire de redressement national (CMRN) dirigé à l’époque par le colonel Lansana Conté.
« Dans cette atmosphère de haine et de règlement de compte, certains citoyens guinéens en majorité malinké furent arrêtés et jetés dans les geôles des 32 escaliers du camp Alpha Yaya Diallo puis, transférés deux ans plus tard à la maison de Kindia et soumis durant toute la période de détention à des traitements cruels, dégradants et inhumains», se souvient El hadj Lansana Condé, président du collectif.

D’après le président, Le collectif a contacté les autorités concernées à savoir la Justice pour faire la lumière sur ces violences.« Les jugements ont été rendus en dehors de l’application de l’ordonnance. Nous sommes allés voir l’agent judicaire de l’Etat qui a écrit à son tour à l’Etat pour que les bénéficiaires entrent en possession de leur droit. Nous n’avons pas obtenu gain de cause » explique t-il.

Toujours selon lui, les Nation unies ont envoyé un fonds de consolidation de la paix pour les victimes aux pays voisins de la Guinée (Côte-d’Ivoire, Sierra Leone, le Libéria) pour une marque d’indemnisation. Mais après une enquête menée par l’AVR, il ressort que les victimes en Guinée n’ont pas reçu leur argent. « Tous ces pays ont remis à leurs ressortissants les montants alloués. En Guinée, nous avons déployé tous les efforts pour que le gouvernement remette cette somme aux victimes, sans succès!», révèle El hadj Ibrahima Sory Dioumessy, vice-président de l’AVR.

Les victimes affirment avoir rencontré plusieurs autorités du mays y compris l’actuel médiateur de la République, Mohamed Saïd Fofana. Mais leurs cris de coeur peinent toujours à être entendus. Or, un délai avait été élaboré par les Nations unies par rapport au montant qui leur avait destiné. L’Institution avait signalé qu’à date du 1er mars 2019 dépassée, la Guinée ne pouvait plus bénéficier de ce montant, élevé à 32 millions de dollars US.

« Nous sommes dans cette logique de réclamation de nos droits. Nous sommes une organisation apolitique. Nous défendons les intérêts des victimes. Ceux qui sont morts, nous collaborons avec leurs familles… », a dit le vice-président du collectif.

Aboubacar Siddy Diallo pour guineemonde.com

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